“Le rocher urbain ne tourne
pas le dos à Clichy bien au contraire
il lui offre l’une de ses façades spectaculaires.”

Une nouvelle centralité

L’installation du TGI sur son nouveau site entraine la création d’une nouvelle centralité en périphérie de Paris. Le déplacement d’un programme historiquement implanté au cœur même du tissu urbain parisien vers un autre site suppose une modification en profondeur des alentours. Ce fragment de ville devra être cousu dans le tissu urbain existant, qui s’étend de Paris à Clichy. La continuité urbaine entre Paris et Clichy est interrompue avant tout par le tissu diffus qui s’étend entre les maréchaux et le périphérique plus que par les voies elles-mêmes.

Coudre Paris et sa banlieue doit passer par l’urbanisation continue de l’ancienne zone de l’enceinte de Thiers. Nous avons conçu le Rocher urbain dans cet objectif. Il s’agit de faire vivre le linéaire sur l’avenue de la porte de Clichy, accompagner les piétons par une offre de commerces et d’animation, assurer l’attractivité tout au long de la journée et de la semaine en mélangeant les fonctions.

Paris au-delà du périph

La façade urbaine de l’avenue de la porte de Clichy créera une continuité cohérente depuis les maréchaux jusqu’à Clichy, interrompue que temporairement par le passage sous le viaduc du périphérique.

L’analyse du site et de son contexte nous a questionnés sur la programmation même du Lot N2. La réponse ne semblait passer par une programmation exclusivement tertiaire.

La rupture engendrée par le périphérique ne peut être estompée si nous continuons à installer des bâtiments de jour. La vie doit continuer au-deçà et au-delà du périphérique. Les nuisances engendrées par le périphérique et l’avenue de la porte de Clichy étaient notre défi.

Notre réponse est un fragment de ville et de vie fédéré autour d’une programmation sportive singulière.

Du neuf pour du neuf ?

Cet appel à projet a été également l’occasion pour notre équipe d’appréhender un projet différemment et de réinventer notre manière de faire. Plus qu’une recherche factice d’innovation au nom de l’innovation, du neuf pour du neuf, nous nous sommes posés la question de la manière dont nous souhaitons que notre Ville se développe. Nous avons tenté d’isoler ce que nous y apprécions et ce que lui fait défaut.

Nous avons notamment confronté deux facteurs majeurs devenus presque incompatibles, celui d’une densité nécessaire et le besoin d’espaces extérieurs. S’il est difficile de trouver de nouveaux espaces libres pour les parcs, jardins et espaces de loisirs en plein air au sein de la capitale, il est possible de compenser une partie des activités qui s’y déroulent.

Investir les bâtiments dans toutes ses composantes est l’un des moyens de répondre à cette double équation. Si les toitures nous semblaient être les premières surfaces exploitables, nous avons poussé la réflexion jusqu’à investir les façades.

Une Ville pour Tous

La mixité est certainement le plus grand atout de Paris. Pour créer une synergie positive elle doit être intégrée à toute échelle : celle du quartier, des ensembles bâtis, du bâtiment lui-même. Cette mixité doit intégrer toutes les diversités de la société pour être opérationnelle. Une mixité sociale mais aussi fonctionnelle. Un tissu urbain dense devient fonctionnel par la mixité des programmes. La diversité fonctionnelle à petite échelle réduit les déplacements, permet de faire vivre un espace urbain tout la journée et la semaine, et contribue à créer la « vie » urbaine.

Le rocher expérimentera une programmation mixte répondant aux besoins de la ville et de la vie. On y habite, on y travaille, on s’y divertit, on s’y rencontre et on y réapprend le partage. Aujourd’hui, la mixité devient nécessaire pour répondre aux mutations sociales et à la densité des villes pour un développement urbain durable. Elle offre un gain de temps aux différents usagers par la proximité des commerces et services et tisse les liens sociaux entre eux en favorisant l’échange, le brassage et le partage au sein d’un même bâtiment.